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« Toi + moi » : Comment adapter à l’écran un livre de romance un poil toxique ?
La France sait aussi réaliser des films de romance, avec Toi + Moi – Seuls contre tous. Prime Video vient de sortir son premier film destiné au public Young Adult. Avec cette adaptation, la plateforme poursuit son investissement dans les formats de romances littéraires. Pour ce projet, Manon Gaurin cosigne le scénario avec Eliane Vigneron et Alix Letribot. Vittoria Di Savoia et Lucas Barski interprètent pour leur premier film, Alma et Vadim, deux étudiants que tout oppose. La jeune femme mène une vie parfaite au sein d’une riche famille, qui croit qu’elle étudie le droit. Mais son rêve c’est de travailler dans le monde du cinéma. Sur le campus, elle rencontre un solitaire rebelle. Evidemment, ils vont être forcés de collaborer sur un film étudiant et se rapprocher. Sans vous en dire plus, la réalisatrice Manon Gaurin a dû adapter à l’écran une romance écrite il y a plusieurs années, avant l’ère MeToo. « La toxicité ça me chafouine énormément » Les lectrices et lecteurs de la version originale du livre Toi + moi - Envers et contre tous, risquent d’être surpris. « Il appartient à une certaine époque. Les deux autrices (Emma Green) viennent de ressortir le bouquin en retirant tout ce qui était potentiellement problématique, du moins qui appartenait à une autre époque. » explique la réalisatrice. En tout, aujourd’hui dans cette version, près de 50 % des textes sont inédits. Si le livre a évolué, le film devait aussi être adapté pour un public plus large que celui habitué à lire des romances pour adultes. Dans une romance, la toxicité d’un personnage est monnaie courante. Pendant qu’on découvre le côté sombre (d’un homme souvent), on lit les doutes de l’héroïne et on justifie un peu ce côté bad boy parce qu’« il a souffert ». Sur grand (ou petit) écran, plus de filtre. Manon Gaurin se souvient que dans le livre sorti en 2016, le « personnage de Vadim était quand même beaucoup plus toxique, dans le film il ne l’est pas. Ce n’est pas non plus un green flag mais la toxicité, moi, me chafouine énormément. » Pour ces films de romance et ces séries qui cartonnent, le public ciblé est très jeune. « La majorité d’entre eux n’a pas encore vécu véritablement d’histoire d’amour, d’histoire sensuelle et sexuelle. Arriver en leur disant, ''ça va être un film sur une histoire d’amour incroyable'', alors que le mec est le dernier des connards. Moi, ça, ça me gêne. » termine la réalisatrice. Retrouvez l’interview de Vittoria Di Savoia et Lucas Barski dans la vidéo en tête de cet article.
Source
20 Minutes France
· Fiona Bonassin