Cinquante ans après l’événement couvert par Daniel Alfandari pour « Var-Matin », le journaliste s’étonne qu’il soit tombé dans l’oubli : « Il n’est même pas dans les anthologies de rock aux côtés d’autres festivals ratés… » Riviera 76, un flop ? Pas vraiment, en tout cas pas pour les festivaliers dont Christophe Duchiron a recueilli les souvenirs émus. Ils étaient âgés de 17 ou 20 ans, avaient traversé la France en stop et posé leur sac de couchage sur la caillasse le temps d’un week-end. « Trois jours de rêve qui ont beaucoup influé sur ma vie », se souvient l’un d’eux, devenu batteur professionnel. Face aux coupures de presse jaunies précieusement conservées, un autre verse dans la nostalgie : « Si je pouvais y retourner, je le ferais volontiers… » Rembarrés par les municipalités de la Côte d’Azur Alors, que s’est-il passé pour que ce Woodstock en Provence se soit évanoui de la mémoire collective comme un mirage ? C’est ce que raconte ce film construit autour d’images aussi précieuses qu’inédites retrouvées en 2023 dans la cave de Martine Fabre. En 1976, cette dernière était monteuse sur le film commandé par les organisateurs du festival en vue d’être commercialisé. Il ne verra jamais le jour. Rembobinons : fort du succès du cultissime festival de Woodstock où un demi-million de spectateurs ont afflué au lieu des 50 000 attendus en août 1969, le producteur Michael Lang tente cet été-là un débarquement musical américain sur la côte varoise. Rembarrés par les municipalités de la Côte d’Azur, frileuses à l’idée de voir déferler des hordes de hippies, les organisateurs investissent le circuit du Castellet pour la modique somme de 600 000 francs, sur un budget total de 6 millions. Au programme, du jazz-rock élargi au rhythm and blues, au funk et à la salsa. En tout, 23 groupes et artistes, parmi lesquels Betty Davis, John McLaughlin, le percussionniste Airto Moreira ou encore Magma et son batteur habité, Christian Vander, qui témoigne ici. Et surtout, celui que tous attendent : Joe Cocker. L’affiche alléchante ne suffira pas à remplir une jauge largement surestimée ni à sauver le festival frappé par les imprévus, d’énormes problèmes de trésorerie et l’immixtion rocambolesque de la mafia locale. Vendredi 18 septembre à 23h05 sur France 5. Documentaire de Christophe Duchiron (2026). 1h00. (Disponible en replay sur france.tv).