Quand vous ouvrez Instagram ou TikTok, vous ne voyez pas seulement les publications des comptes que vous suivez. Les algorithmes vous proposent aussi des contenus qu’ils pensent susceptibles de vous plaire. Vous regardez plusieurs vidéos de recettes jusqu’au bout ? Vous risquez d’en voir de plus en plus. Vous aimez des vidéos de randonnée ou de voyage ? Votre fil va progressivement se remplir de contenus similaires.L’Australie veut permettre aux internautes de reprendre la main. Avec son projet baptisé "My Feed, My Way", "mon fil, à ma façon", le gouvernement australien veut que les plateformes laissent clairement le choix entre un fil suggéré par les algorithmes et un fil composé des comptes que l’utilisateur a lui-même décidé de suivre.En France, un fil sans profilage existe déjàEn Europe, grâce au règlement sur les services numériques, le Digital Services Act (DSA), les grosses plateformes doivent proposer aux utilisateurs au moins une option de recommandation qui ne repose pas sur leur profilage.Sur Instagram par exemple, il suffit d’appuyer sur le mot "Instagram", en haut de l’application, sur la page d'accueil, puis de sélectionner "Suivi(e)s". Le réseau social affiche alors les publications des comptes auxquels vous êtes abonné, des plus récentes aux plus anciennes. Comme aux débuts d’Instagram finalement.Mais encore faut-il connaître l’existence de cette option. Elle reste assez peu visible et, surtout, ne devient pas nécessairement le fil affiché par défaut. Lorsque l’utilisateur rouvre Instagram, il retrouve le fil suggéré et doit refaire la manipulation. C’est notamment sur ce point que l’Australie veut aller plus loin : permettre aux internautes de choisir le fil qu’ils préfèrent et de conserver ce choix une bonne fois pour toutes.Pourquoi les plateformes défendent leurs algorithmesL’idée ne convainc pas les plateformes. Adam Mosseri, le patron d’Instagram, défend l’intérêt du fil personnalisé. Selon lui, un fil chronologique rendrait l’expérience moins agréable : sans recommandations, les utilisateurs manqueraient davantage de contenus et passeraient moins de temps sur l’application.Sauf que passer moins de temps à scroller pourrait justement être l’un des avantages d’un fil sans recommandations. À lire aussi : Podcast Les voies de l'IA : les algorithmes de recommandation et l’information Les algorithmes de recommandation ont certes des aspects positifs : ils permettent de découvrir de nouveaux créateurs, des idées de restaurants, de randonnées ou de voyages, sans avoir besoin de les chercher. Mais ils sélectionnent aussi les contenus susceptibles de capter notre attention et nous enferment dans des bulles. Avec le risque d’être davantage exposé à certains contenus problématiques, notamment chez les plus jeunes. Sans parler de nos temps d’écran catastrophiques. À lire aussi Analyse des interactions, contenu choisi et stockage de données… Que sait-on de l'algorithme de TikTok dénoncé par des familles françaises ? Et si on testait Instagram sans recommandations ?Il est donc déjà possible de tester une autre manière d’utiliser certains réseaux sociaux et de reprendre la main sur notre consommation. Sur Instagram, quelques jours avec le fil "Suivi(e)s" permettent de voir uniquement les publications des comptes que l’on a choisi de suivre : nos amis, des médias, etc.L’expérience risque d’être différente : vous trouverez sûrement Instagram un peu moins captivant, mais c’est peut-être justement le but.