Schopenhauer, Beauvoir et Nietzsche nous mettent en garde : le bonheur endort l’esprit, rappelle l’auteur Mark Edmundson dans “The New York Times”. Chaque semaine, “Courrier international” vous propose un billet qui soulève des interrogations sur notre condition moderne en s’appuyant sur des œuvres littéraires, scientifiques et, bien sûr, philosophiques.

La fête du Travail est là, et déjà le clapotis des vagues et la brise légère vous manquent. Ou peut-être aimeriez-vous être dans une forêt où vous pourriez entretenir de douces pensées dans l’ombre verdoyante. Vous auriez trouvé ce que les thérapeutes et les professeurs de yoga appellent votre “espace de bonheur”.

Je n’ai rien contre de tels plaisirs, mais si votre conception du bonheur suprême s’y résume, vous devriez peut-être en revenir. Beaucoup d’entre nous pensent que leur but dans la vie est de travailler dur, de réussir, puis de vivre paisiblement pendant le restant de leurs jours. De mettre le cap vers nulle part à bord de leur voilier. D’aller dans le midi de la France et de goûter tous les plats arrosés de vin. De faire tous les festivals de musique.

Pour bien des gens, c’est ça le bonheur. Et quantité d’éminents penseurs seraient d’accord avec eux. Le philosophe utilitariste [anglais] Jeremy Bentham affirme que nous devons rechercher le maximum de plaisir en permanence et tout faire pour éviter la douleur. Oscar Wilde, grand sybarite devant l’éternel, écrit dans sa lettre De Profundis [depuis la prison de Reading] : “Je ne regrette pas un seul instant d’avoir vécu pour le plaisir. Je l’ai fait à outrance, comme chacun devrait faire tout ce qu’il fait. Il n’y a aucun

Vos sentiments ne m’intéressent pas : peut-on arrêter de tout partager ?

Avec plus de 2 000 journalistes, une trentaine de bureaux à l’étranger, plus de 140 prix Pulitzer et près de 13 millions d’abonnés au total à la fin de l’année 2025, The New York Times est le quotidien de référence aux États-Unis, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print” (“toute l’information digne d’être publiée”).Dans son édition dominicale, on trouve notamment The New York Times Book Review, un supplément livres qui fait autorité, et l’inégalé New York Times Magazine. La famille Ochs-Sulzberger, qui, en 1896, a pris la direction de ce journal créé en 1851, est toujours à la tête du quotidien de centre gauche.Quant à l’édition web, qui revendique à elle seule plus de 12 millions d’abonnés à la fin de 2025, elle propose tout ce que l’on peut attendre d’un service en ligne, avec en plus des dizaines de rubriques spécifiques. Les archives regroupent des articles parus depuis 1851, consultables en ligne à partir de 1981.