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Pêche, démographie et "souveraineté des nations" : les grands enjeux de la visite d'Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon
De grands enjeux pour un petit territoire. Emmanuel Macron est attendu, samedi 19 septembre, à Saint-Pierre-et-Miquelon, un archipel français de 5.790 habitants situé à 25 km de Terre-Neuve, au Canada. Ce groupe d'îles doit remédier, depuis plusieurs années, au vieillissement de sa population, à la déprime des pêcheurs en crise tout en redoublant d'efforts pour affronter les conséquences du changement climatique. Autant de questions qui attendent Emmanuel Macron, qui lui-même se prépare à accueillir Mark Carney dimanche 20 septembre. La première visite officielle d'un Premier ministre canadien dans l'archipel français. Un territoire en reflux démographique Les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon sont de moins en moins nombreux et de plus en plus âgés, selon l'Institut d'émission des départements d'Outre-mer (nouvelle fenêtre) (IEDOM). L'archipel de 242 km² comptait 6.316 habitants au 1ᵉʳ janvier 1999, contre 5.790 plus de vingt ans plus tard, en 2023, pointe l'IEDOM. Et le territoire enregistre plus de décès que de naissances chaque année depuis 2016, sauf exception en 2021, alerte l'Institut. En 2025, y ont été comptabilisés 51 décès pour 36 naissances. "En 2026, nous allons avoir plus de 64 naissances", s'est voulu encourageant, auprès de l'AFP, le député Stéphane Lenormand, du groupe Libertés, indépendants, Outre-mer et territoires (LIOT). Dans un contexte où le chômage avoisinait 3% en 2025, les jeunes quittent l'archipel pour étudier dans l'Hexagone ou au Canada. Et généralement, ils ne reviennent pas "faute d'opportunités professionnelles", a souligné pour l'AFP la sénatrice Annick Girardin, membre du groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) et ancienne ministre des Outre-mer. L'autre crise que traverse Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est celle de la pêche. Depuis le moratoire canadien sur la morue et la sentence arbitrale, n'ayant laissé à la France qu'une zone économique exclusive (ZEE) de 12.400 km² en 1992, la profession est en crise. "La mort de la pêche en 1992 a détruit toute perspective économique", a cinglé Annick Girardin. Effectivement, les chiffres de l'IEDOM sont alarmants. Entre 2017 et 2022, 367 tonnes de poisson étaient pêchées chaque année, contre 974 tonnes entre 2010 et 2017. "La pêche a un avenir à Saint-Pierre-et-Miquelon si elle se restructure. Comment pouvons-nous demander davantage du Canada, alors que nous sous-exploitons chroniquement nos propres quotas de pêche ?", s'est demandé l'ex-ministre des Outre-mer. Face à elle, le député Stéphane Lenormand adopte une position différente. Il demande à "pêcher la majorité des quotas dont nous disposons". Mais pour ce faire, cela suppose une organisation professionnelle structurée à même de gérer la ressource, aujourd'hui surtout exploitée par des bateaux artisanaux. Réaffirmer "la souveraineté des nations" avec le Canada La rencontre entre Mark Carney et Emmanuel Macron, prévue dimanche, devra, elle, permettre d'aborder le renforcement de la coopération bilatérale en matière d'énergie, de défense et de développement économique. Un pied de nez à Donald Trump, qui ne cesse d'invectiver son voisin canadien. Mais le chef d'État français devra également aborder la question de l'extension de ses droits sur les fonds marins, réclamée par la France en 2014 à l'ONU mais contestée par le Canada. Ce n'est "pas un obscur dossier technique, c'est l'affirmation de notre souveraineté", juge Annick Girardin. "La France doit décider si elle veut être une puissance subarctique ou une simple spectatrice". Une relocalisation urgente de Miquelon L'autre défi de l'archipel, c'est le changement climatique. Situé à moins de trois mètres au-dessus de la mer, le village de Miquelon compte 600 habitants. Mais avec la montée des eaux et l'érosion des sols, la totalité de la commune doit être reconstruite à un kilomètre de sa zone actuelle et à, au moins, dix mètres d'altitude. Des consignes préconisées par la préfecture. C'est l'un des grands chantiers qui a amené Emmanuel Macron à y poser ses bagages. "L'enjeu majeur de la visite est d'annoncer le montant alloué à la deuxième phase", a jugé la sénatrice, qui a tablé sur "un minimum de 25 ans" pour l'ensemble de la relocalisation, avec la mise en place d'un "double village transitoire". Le député LIOT Stéphane Lenormand a, quant à lui, d'autres priorités. Il demande une nouvelle centrale électrique et la protection de l'isthme vers la presqu'île de Langlade, "poumon économique" de Miquelon. Emmanuel Macron réussira-t-il à mettre tout le monde d'accord ?
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TF1 Info
· Charlotte JOYEUX