Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Alexandre Van Poucque est intérimaire en recherche d'emploi, Caroline Devos, en incapacité de travailler depuis quelques mois. Avec leurs petits revenus, chaque kilomètre est calculé. "On fait que les déplacements prioritaires, et on se limite à ça : aller faire les courses, essayer de faire le moins de trajets possible. On ne peut pas faire des pleins toutes les semaines, c'est impossible", confie Caroline. Le couple ne peut se permettre que 120 euros d'essence par mois. Pour terminer septembre, il leur reste un quart de plein. "Déjà, 120 euros, c'est déjà trop cher. Avant, j'arrivais plus ou moins à m'en sortir, maintenant quasi plus du tout, voire plus du tout", affirme Alexandre. Une vie au centime prèsLeur vie est au centime près : 1 000 euros par mois pour eux et leurs trois enfants encore à charge. Le quotidien est passé à faire les comptes et faire des concessions. "Les activités pour l'instant, on ne peut plus. Les soirées bowling, les soirées où on peut partir, faire un billard, on ne pourra plus", déplore Caroline. "On se retrouve avec un salaire qui part entièrement pour les factures, le carburant, les réparations de véhicules. C'est survivre, mais pas vivre. On ne vit plus avec ce qu'on touche. C'est impossible", ajoute Alexandre. Quand rouler devient très compliqué, alors que se déplacer reste une priorité pour travailler. À la pompe, dans la matinée du vendredi 18 septembre, nouvelle désillusion pour Sabine Frémeau, traiteur à domicile "Les sœurs mijoteuses". "Aujourd'hui, je mets pour 100 euros, et j'ai 41 litres et quelques. C'est devenu beaucoup trop cher", chiffre-t-elle. Elle effectue quatre pleins par mois, car elle roule plus d'une dizaine de kilomètres par jour pour assurer ses livraisons ou aller chercher ses produits, comme dans une coopérative de maraîchers.Des Français qui ne comptent plus sur l'aide du gouvernementLa hausse des prix du carburant est devenue un sujet de préoccupation. Alors, elle cherche des solutions pour s'en sortir. "Les gens sont comme nous, ils sont en difficulté", commente-t-elle. Mais pas question pour elle d'augmenter le prix de ses plats à emporter. Avec sa sœur, elles viennent de se lancer dans cette activité. "Revoir peut-être un peu nos recettes, acheter toujours les bons produits, veiller à ne pas gaspiller, peut-être changer de voiture. Une vieille voiture essence à laquelle on va pouvoir équiper à l'éthanol, donc on roulera nettement moins cher", avance Marie-Angélique Frémeau. Alors que le gouvernement prévoit une nouvelle aide au 1er octobre, ni ces sœurs, ni cette famille ne misent dessus pour boucler leur fin de mois face aux hausses historiques de carburant.