Le chancelier allemand Friedrich Merz a écarté toute démission dimanche, en dépit des résultats désastreux de son parti et des scores excellents de l’extrême droite aux élections régionales au Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin.
Le chancelier allemand Friedrich Merz – “en difficulté” – et son camp conservateur “ont essuyé dimanche une deuxième défaite majeure face au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) ”, lors du scrutin régional dans le Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale – un résultat qualifié par M. Merz lui-même de “désastre”, observe Politico.
Selon les résultats officiels, la CDU de M. Merz aurait obtenu 4,9 % des voix dans ce Land de l’est de l’Allemagne, “un score inférieur au seuil minimal de 5 % requis pour entrer au parlement régional”, relève El País. “C’est la première fois de l’histoire que la CDU ne parvient pas à obtenir de représentation parlementaire dans un Land allemand”, précise le titre espagnol.
L’AfD, au contraire, a obtenu sa seconde victoire régionale avec 38,2 % des suffrages, deux semaines après s’être largement imposée en Saxe-Anhalt.
À Berlin – à la fois Land et capitale –, la CDU a également été malmenée, devancée de sept points par la gauche radicale Die Linke, arrivée première avec 25,7 % des voix et bien placée pour lui ravir la mairie. L’AfD, en forte progression, s’arroge la troisième place avec 16,3 % des suffrages (contre 9 % lors de l’élection de 2023).
En dépit de ces défaites cinglantes pour les conservateurs, “le chancelier a rapidement cherché à couper court aux spéculations grandissantes sur un éventuel retrait de sa part”, constate Politico. “Quelques minutes seulement après la fermeture des bureaux de vote, il est apparu devant les caméras pour affirmer qu’il poursuivrait la mise en œuvre de son programme de réformes et qu’il agirait comme un gage de stabilité en ces temps agités”.
“Ces réformes sont l’antidote au poison de l’autoritarisme”, a assuré M. Merz. “Ce qu’il faut faire désormais exige de la fermeté, de la constance et de la patience. Je ferai preuve de ces qualités en tant que président de la CDU et, surtout, en tant que chancelier de notre pays”.
Friedrich Merz, âgé de 70 ans, “a pris la tête de l’Allemagne il y a 16 mois, s’engageant à relancer une économie au point mort depuis des années”, rappelle Euronews. “Toutefois, il n’est pas parvenu à redresser un moral national morose et a vu sa popularité personnelle s’effondrer”.
“Alors que ses partisans soutiennent que bon nombre des problèmes auxquels la nation est confrontée ont été hérités [de gouvernements précédents], Merz lui-même est profondément impopulaire”, confirme la BBC. “Le virage à droite de l’ancien avocat d’affaires sur des questions telles que l’immigration n’a pas réussi à éroder le soutien de l’AfD, tout en aliénant les personnes plus à gauche”, ajoute le diffuseur britannique.
Seule consolation pour le chancelier : si l’AfD “a enregistré des gains significatifs lors des élections dans le nord-est de l’Allemagne ainsi qu’à Berlin”, elle devrait y “rester dans l’opposition”, faute de partenaires susceptibles de former avec elle une coalition de gouvernement, analyse la Deutsche Welle.
De fait, au Mecklembourg-Poméranie occidentale, la ministre-présidente Manuela Schwesig devrait pouvoir conserver son poste après le très bon score obtenu par son parti, le SPD, arrivé deuxième derrière l’AfD, avec 35.5 % des voix. Une coalition avec Die Linke et les écologistes semble à portée de main.
Et c’est la même coalition – dirigée cette fois par Die Linke – qui devrait prendre les rênes de Berlin, emmenée par Elif Eralp, “qui a réussi à mobiliser dans la capitale autour de sa personne : une femme, relativement jeune, issue de l’immigration avec une fibre sociale”, observe Le Soir.
Pour le quotidien bruxellois, c’est donc bien “deux femmes”, et non Friedrich Merz, qui “sauvent l’honneur dans la lutte contre l’extrême droite”.
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Général
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Courrier International
· Romain Raynaldy