Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, a annoncé samedi 19 septembre sur X que France Inter avait supprimé son édito hebdomadaire, contesté depuis fin août par une partie du personnel de la radio. « La direction de France Inter vient de m’annoncer la suppression de mon édito hebdomadaire sur ses antennes », a-t-il écrit, précisant qu’un « débat en lieu et place » lui avait été proposé, une option qu’il dit avoir refusée.
Contactée par l’agence, la direction de Radio France confirme avoir « proposé un aménagement à Charles Sapin, sous la forme d’un débat », que le journaliste « a décidé de décliner ». Le groupe ajoute, dans une déclaration transmise à l’AFP : « Ce n’est une victoire pour personne. » Il affirme vouloir que France Inter reste « un lieu de dialogue reflétant la diversité des sensibilités, notamment durant la campagne présidentielle », tout en prenant « acte de la décision de Charles Sapin ».
Un aménagement refusé, une rupture consommée
Dans un long message publié sur X, intitulé « France Inter, écoutez la différence… », Charles Sapin livre sa propre lecture des événements. Il se décrit en victime d’une campagne où, selon lui, « mon nom, mon intégrité professionnelle, mes travaux et mon journal ont été diffamés dans un seul but : exclure du débat public la voix unique qui est la nôtre ».
Il revendique avoir partagé le projet initial de la direction de Radio France, expliquant s’y être reconnu « en tant que directeur adjoint de Valeurs actuelles », et affirme croire qu’il n’existe « d’autre antidote à la polarisation délétère ambiante que l’expression plurielle des idées et leur confrontation ».
Sur le fond de la polémique, il assure que ses deux chroniques portaient sur des sujets consensuels, « le mur des déficits publics et l’intelligence artificielle », et ironise sur la réaction qu’elles ont suscitée, évoquant avec dérision « le retour des heures sombres et le bruit des bottes ».
Un climat déjà tendu autour de Valeurs actuelles
Il qualifie la méthode employée contre lui de « censure préventive », résumant ainsi le procédé qu’il dénonce : « Inutile d’attendre qu’un chroniqueur dise quelque chose de répréhensible ; il suffit d’imaginer ce qu’il pourrait penser, de s’en indigner, puis de faire grève contre ce qu’il n’a jamais prononcé. » Il conclut sur la proposition de débat qui lui a été faite, la jugeant relever d’une « mécanique de disqualification » à laquelle il dit refuser de se prêter.
L’arrivée de Charles Sapin sur France Inter avait été justifiée par la direction au nom du pluralisme. Le magazine qu’il dirige, qui se revendique conservateur, a déjà été condamné en justice à plusieurs reprises, notamment pour injure publique à caractère raciste après avoir représenté en esclave la députée LFI Danièle Obono en 2020. Une période où Valeurs actuelles était dirigé par Geoffroy Lejeune, aujourd’hui passé au Journal du dimanche.
Général
Média : Charles Sapin annonce la « suppression » de son édito hebdomadaire par France Inter
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La Croix
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