Le président de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), qui rassemble une grande partie des mutuelles du pays, appelle samedi 19 septembre sur franceinfo les parlementaires à "réduire les taxes qui frappent les complémentaires santé" à l'occasion des débats budgétaires à venir, afin de contenir la hausse des cotisations pour les assurés. "Il faut qu'on revienne à une taxation comme les biens et services essentiels, c'est à dire 5,5%", estime Eric Chenut. À lire aussi L'objectif de 5% de déficit en 2027 fixé par le gouvernement pour le budget est "ambitieux" mais "évidemment réalisable", assure le ministre de l'Economie Le gouvernement a d'ores et déjà acté un transfert de certains remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé pour l'année qui vient, à hauteur d'un peu plus d'un milliard d'euros. "À partir du moment où nous allons devoir financer 590 millions d'euros supplémentaires sur le dentaire, 370 millions de plus sur les médicaments, 490 millions de plus sur les dispositifs médicaux, mécaniquement ça aura un impact sur les cotisations des assurés", alerte Eric Chenut.L'augmentation des taxes, "une aberration""Il y a une possibilité qui est offerte aux députés, aux sénateurs, c'est de réduire les taxes qui frappent les complémentaires santé", affirme le patron des mutuelles, appelant "l'ensemble de la population à écrire à leur parlementaire pour que cette question de la réduction des taxes soit entendue". "En vingt ans, ces taxes sont passées de 400 millions d'euros à 7,5 milliards", poursuit-il, évoquant "une aberration". Selon lui, cette baisse de la fiscalité sur les contrats de complémentaire santé "permettrait non seulement de ne pas répercuter les hausses, mais même de baisser le niveau de cotisations".Pour économiser plus d'un milliard d'euros annuels, le gouvernement abaissera, dès janvier, la part remboursée par l'Assurance maladie sur certains soins, afin de transférer une partie de cette charge aux complémentaires santé. Les consultations chez le dentiste, certains soins dentaires et les dispositifs médicaux seront par exemple remboursés à 50% par l'Assurance maladie, contre 60% aujourd'hui.Les cotisations des organismes complémentaires ont fortement augmenté ces dernières années. Elles ont progressé de 2,9% en 2022, puis de 6% en 2023 et de 8,2% en 2024, pour atteindre 46,5 milliards d'euros. Cette progression s'explique notamment par l'augmentation des dépenses prises en charge par les complémentaires, mais aussi par les évolutions du système de remboursement et de la consommation de soins.