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"L'armement est consommateur de carbure de tungstène" : pourquoi ce matériau peu connu est convoité par les cambrioleurs
Les malfaiteurs se sont introduits à l'arrière de cette entreprise de Thyez (Haute-Savoie), en pleine nuit. "La porte était entrouverte, fracturée, et ils sont vraiment rentrés par ici", montre Franck Tripoz, le directeur de Novoutils, dans le reportage du 20H ci-dessus. Après avoir découvert l'effraction, il a trouvé le coffre-fort de son usine arraché, les placards fouillés et une pièce arrosée par un extincteur pour effacer les traces. "Malheureusement, j'ai ouvert les tiroirs et c'était, comme vous pouvez le constater, vide", soupire-t-il. Ce sont eux qui contenaient l'objet de la convoitise des malfaiteurs, des barres de carbure de tungstène, très faciles à déplacer et à transporter. Un cambriolage Les cambrioleurs étaient probablement nombreux et très bien renseignés. "Est-ce qu'ils ont des brouilleurs d'ondes, ou est-ce qu'ils ont d'autres systèmes qu'on ne connaît pas ? En tous les cas, ils ont réussi à rentrer sans que l'alarme se mette en route", rapporte Franck Tripoz. Le préjudice est colossal pour cette entreprise : plus de 300.000 euros. Ce carbure de tungstène, ce fabricant s'en sert pour produire des outils de précision, destinés à l'aéronautique ou à l'automobile. Pourquoi les cambrioleurs s'intéressent-ils à cet alliage très spécifique et peu connu du grand public ? Explosion des cours En seulement un an, son prix a quintuplé, passant de 45.000 à 250.000 euros la tonne. La Chine assure à elle seule 80% de la production mondiale et limite ses exportations, alors qu'en parallèle la demande explose. "Le monde traverse des guerres qui nécessitent pas mal d'armement, et l'armement est consommateur de carbure de tungstène", résume Christophe Féron, président du syndicat national des affûteurs français. "Forcément, c'est une des priorités des gouvernements de s'équiper", rappelle-t-il. Dans la vallée de l'Arve, premier centre mondial du décolletage, les vols se multiplient. Il y a trois semaines, une autre société s'est, elle aussi, fait dérober une partie de son stock. L'alliage volé pourrait être revendu dans des réseaux de recyclage. Alors pour faire face à ces cambriolages, les industriels essaient de trouver des parades. "En divisant un petit peu nos stocks sur différentes plateformes, différentes zones de stockage, pour éviter d'avoir à la fin un magot d'une taille trop importante", explique Paul Leveau, le directeur d'OSF. Autre solution envisagée : embaucher des gardiens de nuit. Mais toutes ces entreprises n'en ont pas les moyens.
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TF1 Info
· La rédaction de TF1info