Une exposition à São Paulo dresse une rétrospective de l’œuvre de Solange Pessoa, entre grandes installations et dessins inédits. L’artiste brésilienne de 65 ans s’est fait connaître pour l’usage de matériaux naturels : pigments, herbes, plumes… La “Folha de São Paulo” a visité l’exposition qui explore les liens entre humain et nature.
Des effluves de marcela, ou camomille brésilienne, flottent dans l’air, entêtants et doux comme une tisane du soir. On se croirait dans un bain de stimulation sensorielle, mais non : nous sommes ici dans une expo d’art.
Au premier étage de l’institut Itaú Cultural [au cœur de São Paulo], de la marcela, cette fleur typique de la flore brésilienne, est disposée en flaque sur le sol, à côté d’autres tas d’herbes, de farine, de coton et de feuilles de taro violet. Sur ces mares végétales émergent des formes ovoïdes, en bronze et en céramique, comme des fruits sur le point de prendre vie. L’ensemble compose un champ dans lequel on peut se promener.
“C’est une terre cultivée, confirme Solange Pessoa devant cette œuvre qu’elle a intitulée Campos Peregrinos [littéralement “champs pèlerins”]. C’est une des particularités des graines : le vent peut les emporter loin. La graine est pèlerine, de nature. D’où le titre.”
Solange Pessoa parle tout bas, d’une voix aussi douce que son installation Campos Peregrinos, travail emblématique des liens qui l’unissent aux éléments de la terre, qu’elle a choisie pour ouvrir l’exposition qui lui est consacrée dans cette institution de São Paulo.
En travaillant des matériaux naturels, l’artiste de 65 ans nous parle de l’
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Fondée en 1921, Folha de São Paulo est aujourd’hui l’un des trois plus grands quotidiens brésiliens en volume de circulation avec O Globo, de Rio, et son rival pauliste de toujours, O Estado de São Paulo. Le journal appartient à un grand groupe médiatique qui comprend notamment le portail en ligne UOL et l’institut de sondage Datafolha. Plutôt orientée vers le centre droit et le conservatisme, Folha s’oppose à la fois à la gauche de Lula et à l’extrême droite de Jair Bolsonaro.Sa ligne éditoriale a néanmoins fortement évolué au cours de son siècle d’existence. Comme une grande majorité de la presse d’envergure nationale, Folha a soutenu le coup d’État de 1964 instaurant le régime de la dictature qui a duré jusqu’en 1985. Dans les années 1980, le journal se renouvelle largement, poussé par l’arrivée de nouveaux journalistes à des postes à responsabilités. En 1989, Folha est devenue le premier journal brésilien à avoir un médiateur, dont le rôle (et les publications hebdomadaires) se maintient jusqu’à aujourd’hui.En plus des rubriques et suppléments attendus d’un grand quotidien (y compris les billets des colunistas, rôle très brésilien entre journaliste, chroniqueur et éditorialiste), Folha propose des podcasts, des vidéos, une section pour les enfants (Folhinha pour “la petite feuille”) et une pour les ados (Folhateen).
Général
La Brésilienne Solange Pessoa expose son jardin pèlerin à São Paulo
Source
Courrier International
· João Perassolo