Le géant américain des puces a jeté son dévolu sur cette plateforme, tête de pont des modèles d’intelligence artificielle en source ouverte. “The Wall Street Journal” revient sur l’ascension de ses trois cofondateurs, technophiles et potaches, qui avaient initialement conçu un chatbot irrévérencieux.

En 2016, trois Français geeks se sont installés à New York pour concevoir un chatbot impertinent pour adolescents. Dix ans plus tard, leur start-up s’est imposée comme une plateforme pour l’intelligence artificielle (IA) incontournable dans l’écosystème technologique et comme un élément clé de la stratégie de l’entreprise affichant la première capitalisation boursière du monde.

[Le 3 septembre], Nvidia a annoncé un accord de rachat de leur entreprise d’IA, Hugging Face, pour environ 13 milliards de dollars [11 milliards d’euros], manière, pour le fabricant de semi-conducteurs, d’appuyer ses efforts pour contester la domination des modèles d’IA propriétaires d’OpenAI et d’Anthropic. L’opération contribue également à renforcer l’écosystème construit par Hugging Face autour des outils d’IA dits “à poids ouverts”, qui peuvent être téléchargés et modifiés librement [les données d’entraînement des modèles sous-jacents sont publiques].

Mais lorsque Clément Delangue et Julien Chaumond ont débarqué dans les bureaux à Manhattan du fonds de capital-risque Betaworks pour un “BotCamp”, un concours de start-up, en cet été caniculaire de 2016, leur objectif était plus modeste. Ils voulaient simplement construire un chatbot généraliste moins barbant que celui d’Apple, Siri. Nous étions plus de

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C’est la bible des milieux d’affaires. Mais à manier avec précaution : d’un côté, des enquêtes et reportages de grande qualité, avec un souci de neutralité. De l’autre, des pages éditoriales très partisanes. Les chroniqueurs et le comité éditorial défendent, souvent avec virulence, les points de vue conservateurs, même si le titre a toujours maintenu une certaine distance vis-à-vis de Donald Trump.

Récompensé par une quarantaine de prix Pulitzer, The WSJ est surtout apprécié pour ses analyses des marchés financiers et son suivi des tendances du management et des affaires. Depuis son rachat, en juillet 2007, par le groupe News Corp. de Rupert Murdoch, le quotidien a toutefois évolué vers une formule plus généraliste afin de rivaliser avec The New York Times. Un luxueux supplément sur l’art de vivre, baptisé WSJ Magazine, a vu le jour en septembre 2008.

Installée dans le quartier financier de New York depuis sa création, en 1889, la rédaction a quitté Wall Street en 2008 pour s’établir un peu plus au nord, à Midtown, dans les locaux de News Corp. Elle comprend au total 1 800 journalistes répartis dans près de cinquante pays.

Avec 468 000 abonnés papier à la fin du premier semestre 2024, The Wall Street Journal a le plus grand tirage des quotidiens aux États-Unis. Et même s’il est derrière The New York Times en termes d’abonnés en ligne, il comptait tout de même, à cette date, près de 4,3 millions d’abonnés au total (papier et web).