Le Groenland, immense île arctique et isolée, se retrouve une nouvelle fois au centre des préoccupations géostratégiques mondiales. Le président américain Donald Trump a annoncé, vendredi 18 septembre, la conclusion d’un accord avec le Danemark et le Groenland qui doit permettre aux États-Unis de renforcer leur présence militaire sur l’île. Il affirme que Washington a obtenu un « contrôle permanent » sur la sécurité du territoire et que l’accord empêchera tout « adversaire » des États-Unis d’y établir une présence militaire ou d'y réaliser des investissements sensibles.
Publié le : 18/09/2026 - 23:39Modifié le : 19/09/2026 - 05:42
Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi 18 septembre au soir avoir obtenu du Danemark et du Groenland un « contrôle permanent » de la sécurité du territoire arctique, dont il avait évoqué au début de son second mandat un rattachement pur et simple aux États-Unis. Une annonce confirmée par le Danemark et le Groenland.
Copenhague précise toutefois que sa signature est prévue la semaine prochaine, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. « Je me réjouis de la perspective d’un bon accord pour le Groenland, le Royaume du Danemark et les États-Unis », a déclaré la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, dans un communiqué. De son côté, le chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen s'est félicité d'un compromis « qui garantit et renforce la sécurité du Groenland, du Royaume du Danemark, des Etats-Unis et de l'alliance occidentale ».
Sans les nommer directement, Donald Trump a expliqué sur son réseau Truth Social que l’accord devait empêcher tout « adversaire » des États-Unis d’établir une présence militaire au Groenland ou d’y réaliser certains investissements sensibles sans l’accord préalable de Washington. Une disposition qui vise notamment la Chine et la Russie, rapporte notre correspondant à Los Angeles, Edward Maille.
Le département d’État américain affirme ainsi que l’accord garantit que Pékin et Moscou « ne peuvent pas disposer d'une base au Groenland, qu'elles ne peuvent pas y envoyer de troupes et que les mécanismes nécessaires sont en place pour empêcher tout investissement dans des secteurs sensibles », a déclaré un responsable du département d'État sous couvert d'anonymat, détaillant certains points de l'accord.
L'accord donne « explicitement aux États-Unis la pleine capacité d'agir au Groenland comme ils le jugent nécessaire pour assurer la sécurité et la défense du continent américain » et permet d'y augmenter le nombre de bases américaines « selon les besoins », a ajouté le responsable.
Les États-Unis, le Danemark et le Groenland coopèrent déjà en matière de défense. Un accord conclu en 1951 et actualisé en 2004 permet aux forces américaines de déployer des installations sur le territoire groenlandais, à condition d’en informer les autorités. Washington dispose actuellement de la base spatiale de Pituffik, dans le nord-ouest de l’île, utilisée notamment pour la surveillance spatiale et l’alerte antimissile. Donald Trump entend désormais aller plus loin. Les États-Unis vont « immédiatement lancer le processus de développement d’une importante présence militaire » au Groenland, a-t-il annoncé.
Selon le New York Times, Washington souhaiterait désormais ouvrir trois nouvelles bases militaires dans le sud du Groenland. Les discussions ont également porté sur la possibilité d’utiliser le territoire groenlandais dans le cadre du « Golden Dome », le gigantesque projet de bouclier antimissile que l’administration Trump souhaite mettre en place pour protéger le territoire américain.
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Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump n’a pas caché son intérêt pour ce territoire autonome du royaume du Danemark. Il avait à plusieurs reprises évoqué une prise de contrôle du Groenland par les États-Unis, allant jusqu’à ne pas exclure l’usage de la force, provoquant d’importantes tensions diplomatiques avec Copenhague et Nuuk.
Le nouvel accord reste donc en deçà de cette ambition initiale. Donald Trump affirme néanmoins qu’il est d’une « durée de vie infinie » et qu’il n’aura « aucun coût » pour Washington, évoquant un « rêve devenu réalité ».
Les contours précis de l’accord restent encore à préciser avant sa signature prévue la semaine prochaine, dans cette région riche en ressources naturelles et stratégique du point de vue géopolitique.
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Groenland: Donald Trump annonce un accord pour renforcer la présence militaire américaine
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RFI
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