Au milieu de toutes les variétés blanc pur, les seringats nous en offre exceptionnellement quelques-unes maculées de pourpre, tel le seringat ’Belle étoile’, à la senteur de fraise des bois. Devenu populaire depuis quelques décennies, ‘Belle étoile’ a toute une histoire. Obtenu à la fin des années 1920, il fait partie des nombreuses et très grandes créations de Victor Lemoine, le célèbre pépiniériste et sélectionneur nancéien. C’est un petit arbuste au port compact et arrondi, dépassant rarement 2 mètres de haut. Les fleurs simples, blanches, ont un beau cœur pourpre. Mais ce genre vient de nous réserver une somptueuse surprise.

Le grand intérêt de flâner sur les fêtes des plantes, c’est qu’il y a toujours une découverte intéressante à faire chez chaque pépiniériste. Aujourd’hui, j’ai envie de parler du seringat ‘Petite Perfume Pink’, l’obtention d’Alan Postill, un Anglais ayant travaillé pendant de longues années chez Hillier. Pour la petite histoire, voire la grande, Hillier, c’est une référence de savoir, à la fois une grande dynastie de pépiniéristes anglais, un homme, un arboretum et une tradition d’obtention et de diffusion des végétaux. Donc Alan Postill nous a concocté, après quinze ans de sélections, cet adorable petit arbuste. Je l’ai vu sur le stand de Didier Château, de la pépinière de La Grée (Ille-et-Vilaine), qui propose une belle collection de plantes arbustives.
Ce seringat fleurit rose ! Pas un vague rose. Des fleurs simples, rose dragée, avec un cœur rose vif qui lance ses flammes sur les quatre pétales, ponctuées d’un gros bouquet d’étamines jaune pâle. Délicatesse et gaieté, et une ensorcelante fragrance douce et fruitée ont valu à cet arbuste de remporter le titre de RHS Chelsea Plant of the Year 2025, devant une sélection de nouveautés présentées au Chelsea Flower Show. Cet arbuste va devenir, c’est certain, une star dans nos jardins. Le grand succès de cette nouveauté, c’est que la couleur n’a en rien sacrifié le parfum.
Une silhouette bien ramifiée
Compact, ce petit arbuste à port très souple, presque retombant, fleurissant entre mai et juillet, ne dépasse pas 1,50 m en tous sens, ce qui permet de l’adopter facilement, dans tous les jardins comme sur la terrasse, en grand pot. On lui trouve des arômes mêlés de jasmin et de fleur d’oranger, mais il me faut attendre le printemps prochain pour prendre position et sentir ces fleurs étoilées.

Sa silhouette bien ramifiée, presque arrondie, ne demande pas de taille, si ce n’est la suppression de branches gênantes, disgracieuses ou abîmées. Mais, si nécessaire, si au fil des ans, ce seringat se dégarnit, il pourra être recépé, comme tous les arbustes de ce genre.
Très rustique, il aime le soleil et la mi-ombre, un sol ordinaire, même calcaire, mais de préférence fertile, frais et bien drainé. Une fois installé, il présente une bonne tolérance à la sécheresse, ce qui lui assure un bel avenir. C’est une grande qualité, appréciable avec les étés caniculaires que nous promet le dérèglement climatique.
On a envie de placer ‘Petite Perfume Pink’ partout. Dans un passage emprunté régulièrement, pour profiter de ses effluves le plus souvent possible pendant son mois de floraison. Il a tout pour rejoindre une haie libre, un massif d’arbustes, c’est un très bon compagnon pour les rosiers, et, bien sûr, ses branches fleuries font merveille en bouquet.