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Élections régionales en Allemagne : succès attendu pour l'extrême droite, le chancelier Merz sur la sellette
L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) va-t-elle avoir la tête de Friedrich Merz ? Réponse ce dimanche. Le chancelier joue sa survie lors de deux scrutins régionaux, deux semaines après l'échec de son parti en Saxe-Anhalt, où l'extrême droite a obtenu une écrasante victoire.Près de quatre millions d'électeurs allemands sont en effet appelés aux urnes à Berlin et dans le Land rural et côtier du Mecklembourg-Poméranie Occidentale (nord-est). Sauf surprise, le parti d'extrême droite AfD devrait fortement progresser. Dans la capitale, la CDU, le parti du chancelier dont le maire est issu, est au coude-à-coude avec la gauche radicale Die Linke (autour de 20% chacun) et talonné, selon les sondages, par l'AfD (18%). Réunion de crise Dans le nord-est, l'AfD devance d'une courte tête, dans les enquêtes d'opinion, les sociaux-démocrates (37 contre 35%). La CDU (7%) est complètement distancée, dangereusement proche des 5% nécessaires pour être représentée au Parlement régional. Une telle non-qualification serait une première dans l'Allemagne d'après-guerre, une humiliation pour Friedrich Merz et une victoire pour l'extrême droite qui se présente comme la seule véritable force politique conservatrice. Preuve de l'enjeu, Friedrich Merz a convoqué une réunion de crise des cadres de son parti, la CDU, pour dimanche soir. Il a aussi annulé son déplacement prévu pour dans la semaine à New York en vue de l'Assemblée générale des Nations unies. Friedrich Merz a reconnu l'ampleur des difficultés mais a exclu de démissionner, alors même que les conjectures sur son départ prématuré et l'identité d'éventuels successeurs proviennent de son camp. Au pouvoir depuis seize mois, Friedrich Merz avait promis de relancer l'économie nationale en stagnation, de réarmer le pays pour dissuader une Russie hostile et de contenir l'immigration irrégulière pour regagner les électeurs passés à l'AfD. Mais, entre son impulsivité, des gaffes, un ton professoral, la lenteur des réformes et les disputes avec son partenaire de coalition social-démocrate, son impopularité (88%) atteint un niveau jamais vu. Et l'AfD, elle, ne cesse de gagner du terrain : elle est parvenue à siphonner en une décennie les voix de la CDU avec un discours anti-immigration mais aussi en pointant du doigt les alliances répétées des conservateurs avec des partis plus à gauche, adoptant des positions plus inclusives sur la famille, les personnes LGBT+ ou les immigrés. De nouvelles défaites pourraient aussi remettre en cause l'engagement de la CDU à ne jamais coopérer avec l'extrême droite. Parmi les électeurs conservateurs, 55% estiment désormais que ce "pare-feu" n'a plus lieu d'être, selon un sondage YouGov pour le quotidien Bild.
Source
TF1 Info
· T.G.