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«Création artistique» ou «divertissement d’un autre temps» : quel avenir pour les feux d’artifice ?
Pour les artificiers, la saison estivale s’achève dans un contexte morose. La faute aux nombreuses annulations ou reports, décidés en raison de la canicule, particulièrement autour des fêtes du 14 Juillet. La Fédération nationale des comités et organisateurs de festivités évoque une perte de chiffres d’affaires allant jusqu’à 68 % pour certaines entreprises sur la période. Dans ce contexte, les Masters de feu, qui fêteront leur 10e anniversaire ce samedi 19 septembre, redonnent un peu d’espoir. L’événement affiche complet : près de 12 000 personnes sont attendues à l’hippodrome de Compiègne, pour voir s’affronter devant un jury des équipes professionnelles issues de plusieurs pays - pour cette édition, les Pays-Bas, la Pologne et le Portugal - avec des créations originales de quinze minutes respectant un thème imposé. « La pyrotechnie est un art, au même titre que le cinéma ou le théâtre », estime Édouard Grégoire, à l’origine de la manifestation. Ce dernier aimerait que les pouvoirs publics soient davantage à l’écoute des professionnels du secteur : « Légalement, nous sommes toujours considérés en France comme des prestataires techniques ; mais cela ne prend pas en compte la dimension artistique de ce métier. » Des évolutions nécessaires Les critiques n’ont toutefois pas manqué, cette année : une pétition, lancée par l’association Picardie Animaux, a réuni quelque 18 000 signataires pour demander l’annulation de l’événement, en raison notamment des conséquences potentielles sur la faune locale. Au sein du conseil municipal de Compiègne, l’opposition a également questionné en juillet dernier le partenariat entre la ville et les organisateurs : « Les moyens matériels ainsi que le personnel mis à disposition pourraient être utiles ailleurs. Sans parler du bruit et de l’impact sur l’environnement, estime Claire Reboisson. C’est un divertissement majestueux, mais qui, pour moi, est d’un autre temps. » Le maire LR, Philippe Marini, rappelle quant à lui les mesures rigoureuses prises pour la protection du site, et les retombées économiques importantes générées par l’événement. Ces reproches, Édouard Grégoire y est habitué : « Je peux entendre que certains n’aiment pas les feux d’artifice. Mais il s’agit aussi d’une culture patrimoniale qui existait déjà du temps des rois de France, et qui continue à rassembler les gens. » Ce qui n’empêche pas des évolutions pour limiter la pollution. Le spectacle de clôture des Masters fera par ailleurs voler cette année près de 800 drones en même temps. « Ils permettent d’amener une dimension plus contemplative, au même titre que les jets d’eau ou les lasers. Mais, expérience à l’appui, ils ne remplaceront jamais l’émotion du feu. » Ce samedi, les spectateurs présents à Compiègne pourront s’en faire leur propre opinion.
Source
Le Figaro
· Alban Barthélemy