C’est d’une peine alourdie qu’écope en appel Stéphane Plaza. Il a été condamné vendredi 18 septembre à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour violences conjugales entre 2018 et 2022 sur deux anciennes compagnes. Le célèbre agent immobilier n’a fait aucune déclaration après le prononcé de l’arrêt. Ses avocats, Mes Julien Roelens et Antonin Gravelin, ont indiqué à l’AFP qu’ils allaient former un pourvoi en cassation, dénonçant une « motivation erronée et contradictoire » de la cour et déplorant « l’incapacité de l’institution judiciaire à douter des accusations portées contre des justiciables en matière de violences conjugales ». La sentence de la cour d’appel, qui a assuré à l’animateur qu’elle l’avait jugé « comme n’importe quel justiciable », a en effet pu apparaître comme inattendue. Non seulement elle a alourdi la peine d’un an d’emprisonnement avec sursis prononcée par le tribunal correctionnel un an et demi plus tôt, mais elle n’a pas suivi les réquisitions du parquet général réclamant la relaxe dans l’un des deux dossiers. Des violences physiques et psychologiques… Lors du procès en appel, en juin, la première plaignante, Amandine, avait décrit et mimé un épisode de violences au cours duquel un de ses doigts avait été fracturé et deux autres luxés. Stéphane Plaza avait expliqué qu’il n’avait voulu que « déplacer » sa compagne de devant la porte d’entrée pour quitter l’appartement, ce qui avait provoqué, selon lui, « l’accident ». Concernant la seconde plaignante, prénommée Paola, le tribunal correctionnel avait estimé que, sans « remettre en cause sa parole », les violences dont elle se prévalait reposaient majoritairement « sur ses déclarations » et ne pouvaient faire l’objet d’une déclaration de culpabilité. C’est le même raisonnement qu’avait tenu l’accusation lors du procès en appel, considérant que les éléments n’étaient « pas suffisants ». Les juges se sont au contraire voulus implacables : « Il n’y a aucun élément dans le dossier qui permette de penser que ces deux femmes étaient sujettes à l’affabulation », a souligné la présidente de la cour lors de la lecture de la décision, relevant n’avoir « trouvé dans le dossier un début de commencement de preuve qu’elles auraient pu s’entendre ou qu’elles aient fomenté une vengeance ». « Parallèlement, vos déclarations avaient été parfois évolutives, parfois mensongères et parfois en contradiction avec les éléments de l’enquête », a encore fait valoir la magistrate à Stéphane Plaza, qui a été condamné à verser respectivement 8 000 euros et 4 000 euros de dommages et intérêts à Amandine et Paola. … devenues « habituelles » « Les violences psychologiques sur les femmes doivent être reconnues, c’est ce qu’a fait la cour d’appel aujourd’hui et on s’en réjouit », a déclaré l’avocate de la seconde, Me Lysanne Darry. Me Benjamin Chouai, qui assistait Amandine, s’est pour sa part félicité que « la cour ne [se soit] pas laissée enfumer [ni] par la défense de M. Plaza, [ni] par les réquisitions de l’avocate générale qui étaient complètement hors sujet, incohérentes ». Dans sa décision, la cour d’appel a encore noté que les violences, « pour partie physiques, pour partie psychologiques », avaient été « répétées », permettant de caractériser leur « caractère habituel » - une qualification que l’accusation avait demandé d’abandonner. Des répercussions professionnelles Pour justifier la peine prononcée - à la différence de la première instance, Stéphane Plaza n’a pas été condamné à une amende -, les magistrats de la cour d’appel ont assuré avoir pris en compte « les répercussions professionnelles déjà très lourdes » qu’a subies l’ex-animateur. Peu après la fin du procès en appel, le groupe M6 avait annoncé se désengager du réseau Stéphane Plaza Immobilier, pour ne garder que la seconde marque, Sixième Avenue, créée après la condamnation en première instance de l’animateur, qui détient désormais seul le réseau d’agences à son nom. Les conséquences économiques de cette affaire pour les agences immobilières franchisées sous la marque Stéphane Plaza Immobilier sont « en grande partie irréversibles », a souligné vendredi Me Sarah Laassir, avocate qui a accompagné une cinquantaine de franchisés qui ont souhaité quitter la marque avant les procès. Nombre d’entre eux ont témoigné des pertes de chiffre d’affaires et des insultes liées à l’image dégradée de l’ancienne vedette. L’un des programmes phares de M6, « Recherche appartement ou maison », est en revanche à nouveau diffusé depuis la rentrée, mais sans Stéphane Plaza.