Un verdict rare pour ce type de faits. Un homme de 32 ans a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle, vendredi, pour avoir allumé pas moins de 32 incendies entre juillet 2022 et octobre 2023 dans le sud de la Charente. Le verdict, rare pour ce type de faits, est conforme à la peine réclamée jeudi par l'avocat général, qui avait décrit l'accusé de 32 ans, père de deux enfants, comme une "bombe vivante", appelant à "une réponse pénale extrêmement sévère". Les juges ont assorti leur sanction d'un suivi sociojudiciaire avec injonction de soins pendant dix ans, d'une obligation de travailler et d'indemniser les victimes, ainsi que d'une interdiction future de résider en Charente et d'exercer une activité dans le milieu forestier. 2 millions d'euros de préjudice Parmi les faits reprochés à l'accusé figurent l'incendie d'un massif forestier sur près de 150 hectares, ou le feu mis à un bâtiment agricole voisin de son domicile, abritant 1.000 tonnes de paille. Au total, quelque 2.000 pompiers avaient dû intervenir sur les différents sinistres, dont le préjudice global avoisine 2 millions d'euros, alors que durant l'été 2022, les soldats du feu étaient fortement mobilisés par les incendies qui ravageaient la Gironde voisine.Pour expliquer ses passages à l'acte, le mis en cause, déjà connu de la justice pour des vols avec effraction, a évoqué durant le procès un "mal-être" alimenté par une enfance marquée par des violences intrafamiliales, des précarités financières, la perte d'un bébé et des addictions à l'alcool. Il a également estimé avoir "un peu trop cherché" à ce qu'on parle de lui. Le condamné n'a pas l'intention de faire appel selon son avocate, qui juge cependant la peine "inappropriée". "Il prend une peine équivalente à un viol, alors que la reconstruction des victimes n'est pas la même", a déclaré Me Gwenaëlle Lebrun, vendredi, à un correspondant de l'AFP.Durant l'été 2026, particulièrement marqué par les incendies, 514 suspects, dont 198 mineurs, ont été arrêtés dans l’Hexagone. Une douzaine d’hommes, âgés de 21 à 57 ans, ont déjà été condamnés pour incendie volontaire. La loi prévoit de lourdes peines pour les pyromanes : jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle, voire la réclusion à perpétuité si l’incendie a provoqué un décès.