Robert Schuman a été déclaré vénérable par l’Église. Que retenez-vous de sa foi, de sa pratique religieuse ?

Il y a quelque chose de bénédictin chez lui. Un horaire de vie assez strict. Il faisait les mêmes choses, chaque jour, priant la liturgie des heures. Il menait une vie effacée, accomplissant son devoir et laissant Dieu remplir sa vie. Ce n’était pas un grand charismatique, mais c’est ce qui le rendait solide, lui donnait de la droiture. En même temps, Schuman se démenait pour sa circonscription en Lorraine, avec le souci des autres et pour la paix, plaçant le bien commun au-dessus de ses propres intérêts. Et il a eu ce courage de pardonner alors que les horreurs du nazisme avaient dû lui faire un mal terrible. La vengeance est le penchant des hommes faibles. Il faut être un homme fort pour œuvrer à la réconciliation. Même s’il n’est pas encore canonisé, je considère déjà Schuman comme un saint.