Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.C’est un coup dur que personne n’a vu venir. Deux enseignes françaises très populaires en Russie viennent de subir un oukase signé de Vladimir Poutin. Auchan, le géant de la grande distribution, et Leroy Merlin, le spécialiste du bricolage, passent sous contrôle russe à titre temporaire. Au total, plusieurs milliers de magasins seront désormais gérés par une société proche du Kremlin.Samedi 19 septembre, les Moscovites venus faire leurs courses semblent approuver. "Ce qui est russe est russe", lance une femme. "Je pense que comme les produits sont les nôtres, les employés sont les nôtres, alors ça doit être à nous", estime un homme. "Ils ont fait la même chose avec presque toutes les entreprises. C’est comme ça", partage un autre.La multinationale suisse Nestlé vient de subir le même sort. La correspondante de France Télévisions à Moscou nous rapporte le commentaire officiel. "Explication du Kremlin : ces entreprises sont originaires de pays qui sont hostiles à la Russie et ça n’est pas la première fois que ça arrive. Carlsberg et Danone avaient subi le même sort avant d’être purement et simplement saisis", indique Anne Ponsinet, France Télévisions, Moscou.Les avoirs russes en EuropeEst-ce le prélude à une nationalisation ? Bercy et le Quai d’Orsay publient immédiatement un communiqué : "la France dénonce la mise sous administration provisoire sans justification."Vladimir Poutin cherche-t-il à intimider l’Europe qui a gelé les avoirs russes sur le Vieux Continent ? 300 milliards d’euros sont immobilisés dans une banque à Bruxelles. Or, les Européens songent à utiliser cet argent pour soutenir l’Ukraine. "Il ne faut pas avoir peur puisque ce trésor de guerre russe, nous l’avons sous la main. Je propose que nous l’utilisions et c’est la fermeté qui conduira Vladimir Poutin à comprendre qu’il a plus à gagner à la paix qu’à la guerre", affirme Nathalie Loiseau, députée Renew Europe.Les Européens vont-ils passer à l’acte ? Il faudra l’unanimité des 27 États membres. Or, certains pays sont réticents, comme la Belgique, qui héberge les avoirs russes et craint d’être soumise aux représailles du Kremlin.