Ouvert au public en 2006, l’Institut Inhotim est le plus grand musée d’art contemporain à ciel ouvert au monde. Installé dans une petite ville de l’État de Minas Gerais, il accueille des œuvres d’artistes brésiliens et internationaux. “O Estado de São Paulo” revient sur son histoire mouvementée et lui consacre sa une.

“On mesure bien toute la puissance d’une exposition permanente, d’une œuvre conçue pour un lieu précis, mais on estime aussi que ça n’a aucun sens de garder des collections enfermées dans nos réserves. Ces œuvres méritent de circuler.” Paula Azevedo, directrice de l’Institut Inhotim, s’exprime ainsi auprès d’O Estado de São Paulo.

Pour célébrer ses 20 ans, ce musée d’art contemporain en plein air – le plus grand du genre – va organiser pour la première fois des installations itinérantes dans d’autres villes du Brésil. D’où le titre choisi par le quotidien de São Paulo pour la une qu’il consacre à Inhotim ce 18 septembre : “À ciel ouvert, paré au voyage”.

Depuis 2006, ce vaste jardin mêlant culture et nature, installé dans la petite ville de Brumadinho (dans le Minas Gerais, région du Sud-Est brésilien) a accueilli 5 millions de visiteurs. Il abrite des œuvres d’artistes brésiliens, comme Adriana Varejão, ou internationaux, comme la Japonaise Yayoi Kusama.

L’histoire de l’institution a été agitée. Car elle a été créée “au départ pour accueillir la collection privée de l’homme d’affaires Bernardo Paz”, un magnat de l’industrie minière et sidérurgique, rappelle O Estado de São Paulo. Or ce dernier, né en 1949, a été condamné pour blanchiment d’argent en 2017. Puis d’autres scandales ont éclaté après des révélations sur des infractions au droit du travail et environnemental de ses entreprises.

En 2020, “le jugement [sur le blanchiment d’argent] a été infirmé, mais l’image du mécène, longtemps resté étroitement associé à la gestion du musée, s’en est trouvée durablement écornée, au point qu’il a abandonné la présidence du conseil d’administration en 2017.”

Ensuite, en 2019, la rupture du barrage de Brumadinho a durablement associé la ville à une tragédie qui a fait 270 morts. L’année suivante, l’épidémie de Covid-19 a contraint le musée à une “fermeture longue de huit mois”. Il aura fallu un long moment à l’Institut Inhotim pour se remettre de ces années mouvementées.

C’est précisément la mission de remettre l’institution privée sur pied qui a été confiée à Paula Azevedo quand elle a pris ses fonctions, en 2022, explique-t-elle au quotidien.

Elle également souhaité faire un inventaire, jusqu’ici inédit, des œuvres créées par des artistes féminins, noirs ou amérindiens, afin de les mettre en avant. “Un diagnostic qui a par exemple motivé le réaménagement de la galerie consacrée à la photographe Claudia Andujar, qui a rouvert enrichie d’œuvres d’artistes issus de communautés autochtones d’Amérique latine.”

Enfin le musée-forêt, d’une superficie de 786 hectares, dont 140 ouverts au public (pour comparaison, le bois de Vincennes, à Paris, s’étend sur 995 hectares), est aussi un lieu d’études scientifiques, rapporte le quotidien pauliste. “Parmi les nombreux projets liés à la biodiversité, un laboratoire géré en partenariat [avec deux universités fédérales du Minas Gerais] y conduit des recherches concernant les répercussions du dérèglement climatique sur les graines de la flore locale.”

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