En Argentine, des marches de « la colère » ont eu lieu dans une trentaine de villes samedi 19 septembre. Une grogne alimentée par la dégradation de la situation économique, et dirigée contre Javier Milei et sa politique d’austérité.
Publié le : 20/09/2026 - 07:20Modifié le : 20/09/2026 - 07:21
« Milei et toute sa clique dehors », scande Miriam, âgée de 69 ans, avec des milliers de manifestants qui sont descendus dans les rues de la capitale argentine samedi pour exprimer leur colère. Une colère dirigée contre le président Javier Milei et sa politique ultralibérale, explique notre correspondant à Buenos Aires, Théo Conscience.
En Argentine, la troisième économie d'Amérique latine, le chômage a augmenté pour atteindre 7,9%, son niveau le plus élevé depuis 2021, tandis que le secteur informel s'est encore développé et touche désormais 45% de la population active, selon des données publiées jeudi 17 septembre par l'institut des statistiques Indec.
Javier Milei, au pouvoir depuis décembre 2023, se targue d'une stabilisation macro-économique par le biais d'une draconienne politique d'austérité qui a ramené l'inflation sur un an de 161% à son arrivée au pouvoir à 33,5% sur un an en août 2026. Cette politique a impliqué de sévères coupes dans les dépenses publiques, la fermeture d'organismes d'État, des dizaines de milliers de licenciements et une forte perte du pouvoir d'achat pour salariés et retraités.
« Ils sont en train de mener une expérimentation très cruelle », estime Maximilano Jeger. Ce retraité a vu son loyer et ses factures de gaz et d’électricité exploser ces trois dernières années : « Tout a été dérégulé pour que le marché soit libre de faire ce qu’il veut. Les seules choses qui n’ont pas été libérées et qui n’augmentent pas, ce sont les salaires et les retraites. Les classes populaires sont en souffrance actuellement. »
Afin d’enrayer l’inflation, le gouvernement plafonne les négociations salariales collectives. Dans le cortège, les banderoles des syndicats et des organisations sociales côtoient celles des défenseurs de l’environnement et les foulards verts, symboles du droit à l’avortement.
Car la colère n’est pas seulement économique, explique Lorenzo : « En tant qu’étudiant et membre de la communauté LGBT, je trouve que ce gouvernement est rétrograde. Qu’ils arrêtent de s’en prendre aux retraités, aux minorités sexuelles, aux étudiants et aux universités ! »
Lancée par Myriam Bregman, une figure de la gauche radicale qui monte dans les sondages ces derniers temps, la marche de la colère a réussi rassembler et amalgamer un large éventail de frustrations et de revendications.
L'année 2027 sera la dernière du mandat de Javier Milei, qui a d'ores et déjà fait savoir qu'il en briguera un deuxième.
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Argentine: des marches de «la colère» contre le président Milei et sa politique d'austérité
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RFI
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