Cette semaine, 12 pays de l'UE dont la France, le Danemark, l'Allemagne ou encore la Suède ont plaidé depuis la Finlande pour que l'Europe muscle sa présence dans cette partie du monde et assume un rôle plus stratégique et plus proactif. L'objectif premier concerne la sécurité dans cette zone : elle doit être assurée collectivement, plaident ces 12 pays, et cela passe par l'acquisition de brise-glaces, a insisté la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. À lire aussi Donald Trump annonce avoir obtenu un "contrôle permanent" sur la sécurité du Groenland Il s'agit pour les Européens de montrer qu'ils ne sont pas absents du grand Nord, avant une importante réunion à Bruxelles, où seront présentés dans quelques semaines les grandes orientations des 27 pour l'Arctique.Un regain d'intérêt dû notamment au réchauffement climatiqueRéchauffement, fonte des glaciers et de la banquise... On imagine développer des voies maritimes dans le grand Nord, même si ces voies ne sont praticables que quelques mois par an. Passer par ce chemin revient à réduire la distance entre l'Est et l'Ouest de 30 à 40%, avec en bonus des coûts réduits, moins de carburant utilisé et du temps de transport gagné qui peut atteindre les 20 jours pour une traversée. À lire aussi "L’Arctique a changé de couleur" : le constat accablant d'une association environnementale de retour du pôle Nord Le conflit au Moyen-Orient également rend le transport maritime plus difficile. Mais ce nouvel itinéraire par l'extrême Nord reste pour l'instant négligeable : moins de 23 porte-conteneurs sont passés par là en 2025, et selon une étude de l'assureur Coface, à terme seulement 3,5% des échanges Est-Ouest pourraient passer par cette route. L'enjeu n'est donc pas encore économique, il est géopolitique : les Russes veulent être de la partie, mais aussi les Chinois qui ont inauguré, mi-août, la première ligne maritime régulière reliant l'Asie à l'Europe via le cercle polaire. Les Américains aussi veulent leur part du gâteau, on l'a vu avec cette passion de Donald Trump pour acquérir le Groenland. Et enfin les Européens : eux aussi ont déjà un pied sur la banquise. Ils entendent le rappeler en insistant sur le fait qu'ils ne peuvent être exclus de la zone. On le voit, la conquête pour la maîtrise du pôle Nord a bel et bien commencé.