Général
Alain Delon, ange de la mort à la beauté glacée dans “le Samouraï”
Plus que du film noir classique, « le Samouraï » se rapproche du cinéma de Robert Bresson pour son formalisme rigoureux et des répliques à l’aura presque mystique (« Je ne perds jamais… jamais vraiment »). Tel également un Cocteau du polar, Melville fait évoluer en silence Jef Costello, ange de la mort à la beauté glacée, dans un univers irréel de commissariats ténébreux et de bars décorés de miroirs. Le policier à sa poursuite n’est autre que François Périer qui, dans « Orphée » de Cocteau, fut Heurtebise, le guide des âmes. « Le Samouraï » est bien sûr inséparable d’Alain Delon qui trouve ici son rôle iconique. Plus qu’un personnage, l’acteur incarne une énigme, presque une épure asiatique : un homme sans passé ni émotions perceptibles, reclus dans un appartement vide à l’exception d’une cage à oiseau. Comme un guerrier japonais, sanglé dans un imperméable rappelant un kimono, le solitaire ira au bout de son destin. Saluons une splendide restauration rendant enfin justice aux intentions esthétiques de Melville : une photographie désaturée peignant un Paris crépusculaire à la lisière du noir et blanc. Samedi 19 septembre à 20h50 sur Ciné+ Classic. Polar français de Jean-Pierre Melville (1967). Avec Alain Delon, Nathalie Delon, François Périer. 1h45. (Disponible à la demande sur myCANAL).
Source
Le Nouvel Obs
· Stéphane du Mesnildot